Aussi bénéfique pour les abeilles que pour les hommes, la propolis, considérée comme un antiseptique naturel est dotée de nombreuses vertus pour la santé.
La propolis se révèle efficace dans de nombreux domaines et cela grâce notamment aux flavonoïdes qu’elle contient. Ces derniers sont issus de la famille des polyphénols, composants naturels que l’on trouve chez la plupart des végétaux. Les flavonoïdes ont des vertus cicatrisantes antibactériennes et anti-fongiques…
Cette résine végétale peut être utilisée pour soigner les infections des voies respiratoires, améliorer l’hygiène bucco-dentaire, combattre les rhumatismes, régénérer la peau lors de plaies, cicatriser plus vite…
La propolis, dont l’existence est ignorée de beaucoup de gens, est pourtant connue depuis l’antiquité. Les Egyptiens l’utilisaient dans leurs préparations pour les embaumements. Aristote, le philosophe grec, la décrit comme un « remède aux affections de la peau. plaies et supputation ». Virgile, Pline l’Ancien et le médecin grec Galien la mentionnent dans leurs ouvrages.
Les Romains s’en servaient sous forme de pommade antibiotique. Au 11ème siècle, c’est le médecin iranien Avicenne qui note qu’elle « a la qualité d’éliminer les plaies de pointes de flèches et des épines ». Puis, un peu partout, on trouve trace de son usage pour la désinfection et le traitement des plaies. Aujourd’hui, la propolis entre dans la composition de nombreuses préparations pharmacologiques en ORL, stomatologie et dermatologie.

La propolis, le trésor des abeilles
Propolis vient du grec pro qui veut dire devant, en avant de, et de polis qui désigne la cité. Cette substance a été baptisée ainsi car elle se rencontre à l’entrée de la ruche où les abeilles l’utilisent pour réduire le passage, protégeant la colonie du froid ou de l’intrusion d’éventuels ennemis.
Elle est composée de substances résineuses, gommeuses et balsamiques, de consistance visqueuse, que les abeilles recueillent sur certaines parties de végétaux, essentiellement les bourgeons. Rapportées à la ruche, ces résines sont modifiées par les ouvrières par l’apport de cire et par les sécrétions salivaires,
En Europe, les principaux arbres produisant des substances à l’origine de la propolis sont les conifères (sapin, épicéa, pin), mais également certains peupliers, le bouleau, le chêne, l’aulne, le saule, le marronnier d’Inde, le prunier, le frêne et l’orme,
Dans la ruche, la propolis est une substance essentielle qui trouve de nombreux usages. Les abeilles l’utilisent pour réduire l’ouverture du trou de vol, pour boucher et colmater les cavités et les fissures afin de rendre la ruche hermétique, lui assurant une bonne isolation thermique. Elles s’en servent pour réparer les rayons en mauvais état, c’est pourquoi elles collent les cadres mobiles contre le corps de la ruche.
La propolis est également un vernis antiseptique dont les abeilles enduisent les nouveaux rayons et l’intérieur des cellules avant que la reine n’y ponde.
Enfin, lorsqu’une souris gourmande a été tuée par les abeilles après s’être aventurée dans la ruche, les ouvrières, qui ne peuvent pas la tirer au dehors, la
recouvrent de propolis. Cette embaumement évite la décomposition de l’animal ce qui mettrait en danger la santé de la ruche.
La propolis est récoltée par un petit nombre de butineuses. Ces ouvrières spécialisées travaillent essentiellement quand le soleil est le plus chaud pour que la résine, qu’elles saisissent avec leurs mandibules, soit tendre et malléable. Elles en font une pelote qu’elles fixent sur leurs pattes postérieures comme le pollen. Mais la pelote de résine est plus petite que celle de pollen, car la résine est bien plus lourde que le pollen à volume égal. Une fois à la ruche, les magasinières stockent la résine qui, sous l’action de substances apportées par l’abeille, se
transforme en propolis.
L’homme ne peut récolter la propolis que dans la ruche. Un jour où il ne fait pas trop chaud, pour que la propolis soit dure et se détache facilement, il racle les montants extérieurs des cadres ou les parois de la ruche, obtenant ainsi des morceaux de propolis mélangés à des fragments de cire et à de nombreuses impuretés. Mais l’apiculteur peut également inciter les abeilles à en produire artificiellement.
Pour cela, il lui suffit de poser au-dessus des cadres de la ruche une grille en matière plastique souple, dont les abeilles s’empressent d’obturer ses orifices avec de la propolis. Lorsque la grille est pleine. l’apiculteur n’a plus qu’à la démouler. Ce procédé permet de récolter par ruche et par an environ 300 grammes de propolis pratiquement exempte de cire et d’impuretés. Quelque soit la méthode de récolte, elle est triée dans un bain d’eau froide. La cire et les débris divers, plus légers, remontent à la surface où il est facile de les éliminer. La propolis est ensuite séchée, triée et conditionnée.